L’autre jour, avec Angry Days, mon groupe de punk rock, on a fait un concert à la maison de quartier de Doulon. À l’ancienne.
On nous avais programmé avec deux autres groupes du local :
- M.M., de Nantes, un jeune groupe qui mélange tout pleins d’influences. Sur le flyer c’était marqué «jazz hip hop».
- Ignition, de Nantes, un moins jeune groupe qui mélangeait plusieurs influences aussi, principalement rock.
C’est agréable de temps en temps de sortir de son petit circuit, dans lequel tout le monde se connait, et dont on a, malheureusement, vite fait le tour. En effet, le public se renouvelle très mal dans le punk rock, et sortir la tête de ça, c’est aussi se donner la chance d’être écouté par d’autres.
Pourtant, l’éclectisme, globalement, ça marche pas.
C’est vrai, entre une approche à la Fat Wreck, «tu peux acheter n’importe quel disque chez nous, si tu en aimes un, tu as de fortes chances d’aimer les autres», et une approche façon heu… du genre «achetez cette compilation, vous n’aimerais pas 90% des morceaux, mais il y en aura forcément un au moins qui vous plaira.», bah forcément la première est plus intéressante.
C’est pas faute d’avoir essayé, j’ai fait une girafe masquée qui a rencontré un succès mitigé en grande partie à cause du grand écart dans la setlist. J’ai aussi fait ce blog, qui parlait de tout, et j’ai fini par me rendre compte que ça ne marchait pas, comme je l’explique dans cet article sur mon nouveau blog.
Je me souviens aussi qu’une partie de la scène punk rock voulait pas entendre parler de mon projet de petit label local, Yellow Bag, vu qu’on pouvait potentiellement trouver n’importe quoi dessus.
L’éclectisme, il ruine ta crédibilité. Après tout, j’étais le premier attristé de voir que le festival Couvre-feu avaient programmés Jello Biaffra et Sick Of It All sur leur petite scène. Et tout aussi attrister de voir que le même sort attendait No Use For A Name l’année suivant, avant qu’ils n’annulent leur tournée. C’est quand même plus sympa de voir ces groupes en tête d’affiche d’un Groezrock jouer devant 5000 personnes impatientes de les voir plutôt que devant 500 personnes sous une petite tente d’un festival qui aura tourné sa communication autours des têtes d’affiches franco-françaises du moment.
Et pourtant, l’éclectisme est nécessaire. Comme je l’ai dis, si personne ne fait un peu d’éclectisme, à un moment donné, le public ne se renouvelle pas.
Les gens étant globalement peu curieux, l’intérêt pour ces trucs qui mélangent de tout et n’importe quoi est assez limité, et les risques d’échecs «commerciaux» pas mal élevés. Il faut donc être assez courageux pour oser se lancer dans ces trucs là. Ou alors être une maison de quartier, et servir à ça. Bravo à eux donc.
J’en profite pour terminer cet article en parlant du prochain site de la maison de quartier de Doulon, qui va ouvrir ses portes en début d’année 2013. Vous y trouverez, entre autres choses, l’agenda des évènements découverte qu’ils programment. Soyez curieux.